Deux larmes roulent doucement sur ses joues, sans un bruit. Ça y est, elles ont franchi la barrière quelle sétait imposée. Ne pas pleurer. Surtout, ne pas pleurer. Et pourtant. Les voilà, les larmes traîtresses, qui coulent. Ne plus y penser. Et comment ? Cest impossible. Oh, elle aimerait, bien sûr, ne plus y penser, ne plus pleurer
Mais voilà, ce nest pas quelque chose de faisable. Pas pour elle en tout cas. Ou du moins, par maintenant. Pas pour linstant
Il lui faudra au moins un temps pour sy faire, shabituer à lidée.
La prochaine fois quelle le reverra, ce sera à travers la toile. Au cinéma, en somme
Lui ne sera quune image sur un écran. Ce ne sera plus lui mais un personnage, un autre. Plus lui
Le reverra-t-elle un jour ? Probablement pas. Et ça fait mal. Oui, mal
Une sorte de vide, une pointe de douleur. À la pensée quelle ne le reverra pas, ses ongles senfoncent fort dans les paumes de ses mains. Les demi-lunes sinscrivent profondément dans sa peau douce et fragile. Il lui manque déjà. Elle lui en veut, quand même. Lui ne lui a rien dit. Si elle navait pas su, elle lui aurait dit à lundi comme nimporte quelle veille de week-end, sans même imaginer que cétait la dernière fois quelle le verrait. Pourquoi avoir tu ça ?
Elle ne réalise pas. Pour elle, ce nest quune vaste blague, un mauvais canular. Lundi, il sera là, dans la cour, à faire lidiot et à la faire rire. À menacer de la brûler avec son briquet, ou de faire flamber ses bouquins. Il fera chaud, il la taquinera, un peu plus que dhabitude. Elle posera sa tête sur le ventre dune amie, et lui mettra la sienne sur ses jambes à elle. Ils parleront, comme ça, entre deux fous-rires. Comme avant. Avant les vacances. Comme deux semaines peuvent briser un début damitié ! Non. Pas briser. Ce nest pas ces quinze jours où ils ne se sont pas vu qui ont tout changé. Lui savait, à coup sûr. Il savait quaprès jeudi ils ne se reverraient plus. Et pourtant
Elle a besoin de penser à tout autre chose. De se changer les idées. Alors, elle met un film. Elle se laisse un peu prendre au jeu des personnages, mais surtout à leurs voix. Les chansons, elle les connaît par cur. Mais ça faisait longtemps quelle ne lavait pas regardé, alors
Elle plonge, dans cet univers de couleurs et de musique. Elle en aime tout. Les personnages, leur jeu, leur chant, même lhistoire. Tout. Même si elle sait que le film en lui-même nest pas bon. Sa stratégie marche. Elle parvient à trouver la paix, au moins un peu. Elle na aucune envie de sourire pour autant. Elle na pas vraiment envie de pleurer non plus. Elle se sent simplement un peu moins dévastée.
Toute la journée ses sourires ont été faux, ou sils ne létaient pas, fugaces. Éphémères à la manière dun rêve. Mais elle ne se rendait pas compte, ne réalisait pas. Pourquoi était-elle comme ça, elle ne se le demandait même pas. Avec le temps elle avait fini par accepter ses changements dhumeur brusques. Pourquoi sinquiéter puisque ce nétait quune passe ? Elle en était persuadée. Mais ses yeux volaient vers lui un peu plus chaque fois. Ça lui faisait mal de penser à lui. De penser quelle ne le verrait plus. Mais il était là alors ce nétait pas important. Il était avec dautres, daccord. Toujours est-il quil était présent, proche. Et puis, une fois que ce fut fini, elle a compris. Tout compris.
En rentrant chez elle, elle avait remarqué quelle avait mal, physiquement. Mal à la poitrine, à lintérieur. Juste sous les cotes. Vers le bas des poumons, en somme. Puis elle se réalise, enfin. Cest son mal-être qui la fait souffrir dans son corps. La douleur morale devient physique pour mieux se manifester. Pourquoi doit-elle réaliser quelques heures plus tard ce qui lui semble une évidence ? Pourquoi faut-il quil parte ? Elle a besoin de lui. Son âme le crie, le hurle à lintérieur delle. Cest trop tard. Bien trop tard, déjà. Elle en est consciente, le sent en elle. Et pourtant
Elle aurait tant souhaité quil la prenne dans ses bras ! Ou elle, le serrer contre elle. Mais elle sest contentée de lembrasser sur les deux joues, en simple amie quelle est. Pourquoi ces regrets inutiles ? Elle lui a souri et cétait fini. Si un adieu est aussi simple pourquoi faut-il quil fasse si mal ensuite ? Et surtout, est-elle la seule à souffrir des deux ? Oh, elle pourrait se leurrer en se persuadant, ou au moins en essayant, quelle le verrait plus tard. Elle ne préfère pas. Ça lui causerait de nouvelles souffrances et elle sy refuse. Tout sauf ressentir ça à nouveau. Et de toute façon, elle sait que cest un mensonge. À quoi bon se mentir à elle-même ?
Elle essaie de sourire mais les coins de ses lèvres la brûlent. Cest un mensonge. Elle ne veut, ni ne peut sourire pour linstant. Ou alors aucun ne sera vrai. Pourtant elle se force. Elle écoute et répond, aussi. Parce quon lui parle. Continuer la mascarade pour les autres. Jouer son rôle jusquau bout. The show must go on
À elle, elle refuse de se mentir. Elle dissimule aussi bien quelle le peut son mal-être, continue les sourires fugaces. Les sourires de façades. Peu importe si elle est fausse en ce moment. Elle désire à tout prix éviter les questions qui ne manqueront pas de fuser si elle dévoile vraiment ce quelle ressent. Alors tant pis. Sourire, continuer. Même si ça brûle. Tant quon esquive les interrogations. Il y en a assez dans sa propre tête. À lintérieur elle est perdue mais à lextérieur elle semble souriante, heureuse. Ou normale du moins
Cest tout ce qui importe en cet instant. Le reste, elle sen fiche.
Les heures ont passé, une douzaine depuis la toute dernière fois où elle la vu. Elle aime à se dire quaprès tout, peut-être nétait-ce pas la dernière ? Mais une poignée de secondes plus tard, elle se reprend. Cétait évidemment la dernière. Elle a raté sa chance et cest tant pis. Si elle regrette elle na quà sen prendre à elle. Ou à lui, à la rigueur. À personne dautre. Cest sa faute à elle. Bien fait pour elle, il ny a rien dautre à dire. Oui, tout ça, cest bien fait et tant pis.
Cela fait plus de vingt-quatre heures, maintenant, quelle lui a dit au revoir, comme on fait un adieu. Elle na plus mal, ou presque. Ça fait juste un petit vide, un creux. Elle arrive à sourire, elle a réussi toute la journée. Elle garde espoir. Pas forcément de le revoir, non. Juste lespoir et cest tout. Rien dautre. Elle a décidé de boucler ses souvenirs et ses sentiments dans un tiroir. Un petit tiroir de velours quelle rouvrira souvent, elle le sait. Surtout dans les premiers temps. Mais tous ces souvenirs, de sa haine initiale et injustifiée ou presque contre lui, à ses sentiments présents, elle les chérira parce que cest tout ce à quoi elle peut se raccrocher. Non, elle ne loubliera pas, mais il est temps de laisser sa douleur de côté et de le laisser partir, lui. Quelle le revoit ou pas, il restera tel quelle le garde en mémoire, celui qui a fait battre son cur, et quimporte le reste. Un souvenir bref, mais doux. Pas forcément à limage de la réalité
Mais peu importe. Il va suivre son chemin, et elle le sien. Elle na aucune envie de savoir si leurs routes sont liées ou non. Elle le découvrira bien assez tôt. Maintenant, il est temps de le laisser partir
et de ne pas loublier.















Comments
j'écrirais un trucs là-dessus
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écrire, c'est ma thérapie
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Down in Paris they walk fast
That is unless they're walking slow
And in cafe's they look away
that is unless they look right in
And in the corners I'm getting lost
that is unless I'm getting found
Ne me quitte pas
Je t'aime
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Si tu bois pour oublier, payes d'avance !
L'écriture est, à mon sens, ce que l'on peut avoir de plus beau.
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Si tu bois pour oublier, payes d'avance !
L'écriture est, à mon sens, ce que l'on peut avoir de plus beau.
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écrire, c'est ma thérapie
paradis perdu où es-tu? Je te cherche, mais jamais je ne te trouve plus.
--
Si tu bois pour oublier, payes d'avance !
L'écriture est, à mon sens, ce que l'on peut avoir de plus beau.
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